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Sleeping Dogs

 


Après un changement de nom et un développement chaotique, Sleeping Dogs débarque enfin. Dans la droite lignée d’un GTA IV, il entend nous embarquer dans une aventure en monde ouvert : au menu, fusillades, courses-poursuites, mais aussi une poignée de bonnes idées novatrices. Alors, ce voyage à Hong Kong vaut-il le coup ?

 

VERDICT :

 

Sleeping Dogs est globalement une bonne surprise. Le gameplay s’avère efficace et bien calibré, l’univers tient la route et l’on passe du bon temps dans les rues de Hong Kong. Néanmoins, la lassitude s’installe en cours de route, la faute à des missions répétitives et un contenu somme toute limité pour un GTA-like. N’est pas Rockstar qui veut, mais le studio United Front Games s’en sort avec les honneurs.

Les plus :
  • Le gameplay fonctionne bien
  • BO très soignée
  • Atmosphère convaincante
Les moins :
  • Répétitif à la longue
  • Scénario plutôt classique
  • Rien en multijoueur
NOTE : 15/20
Sleeping Dogs 4/3

Les fans de GTA-like n’ont pas vraiment été gâtés sur cette génération de consoles. Hormis le fantasmatique Saints Row : The Third, rien à se mettre sous la dent (on met de côté Red Dead Redemption et son univers Far West). En même temps,  pas simple de se mesurer à l'éditeur Rockstar, qui a défini les codes du genre et en reste le maître absolu. Malgré tout, Sleeping Dogs tente aujourd'hui de se faire une place au soleil, avec quelques atouts dans sa manche : tout d’abord, des séquences de combat à mains nues (des phases de jeu quasi-inédites pour le genre) et une très bonne assimilation des mécanismes de gameplay des GTA-like (fusillades, courses-poursuites, etc.), qu'il tend même à améliorer. Est-ce suffisant pour nous emballer ?


DISTRIBUTION DE BAFFES

Sleeping Dogs

Sleeping Dogs vous met dans la peau de Wei Shen, jeune hongkongais exilé à l'âge de 10 ans à San Francisco, revenu aujourd'hui dans son île natale. Policier de formation, il est chargé par les autorités locales d'infiltrer la Triade Sun On Yee, dont certains membres ne sont autres que des amis d'enfance de Wei Shen. On comprend très vite le dilemme de Wei Shen, partagé entre le sens du devoir et celui de l'amitié. A cela s'ajoute une histoire de vengeance personnelle, la famille de Wei Shen ayant été décimée dans des conditions obscures (sa sœur, en particulier, semble avoir souffert le martyr…). Un scénario assez classique mais efficace, qui tient plutôt bien la route et permet de ressentir la véritable montée en puissance de Wei Shen, entre  ses débuts dans les bas-fonds de Hong Kong, jusque dans les arcanes du crime organisé. Mais pour en arriver là, il faudra faire des pieds et mains, littéralement ! Sleeping Dogs met ainsi l'accent sur les combats au corps à corps, à tel point que vous ne tirerez pas un coup de feu pendant le premier cinquième du jeu (soit 4 bonnes heures, quand même !).

Le système d’affrontement évoque tout de suite Batman et Assassin's Creed, avec une profusion de coups, de contre-attaques et de prises au corps, que l'on débloque au fil de l'aventure. L'utilisation du décor pour les finish est assez spectaculaire, puisque l'on peut fracasser la tête des adversaires contre une cabine téléphonique, les brûler-vif dans un haut-fourneau ou, plus original encore, les empaler sur des crochets de boucher ! Par ailleurs les ennemis ont chacun leur spécificité : certains peuvent contrer tous vos coups, d'autres ne peuvent être attrapés, ou bien sont armés de couteaux. II faut tenir compte de ces données pour employer la technique adéquate. Néanmoins, malgré une variété de coups appréciable et un challenge plutôt relevé, les combats ne sont pas totalement réussis. Les ennemis sont plutôt attentistes et il est donc assez difficile d'enchaîner les coups, de passer d'un adversaire à l'autre pour faire de vrais combos. D’ailleurs, le nombre de coups enchaînés n’est même pas comptabilisé et on se bat tellement que cela en devient un peu répétitif. Malgré tout,  Sleeping Dogs fait beaucoup mieux dans ce domaine que n’importe quel GTA-like.


UN GAMEPLAY SOLIDE


Sleeping Dogs

Hormis le combat,  Sleeping Dogs propose bien entendu les éléments classiques de tout bon GTA-like qui se respecte, la conduite et les fusillades. On note toutefois une réelle volonté de peaufiner ces phases de jeu, les rendre plus accessibles et intuitives. Les voitures, par exemple, répondent au doigt et à l'œil, ce qui permet de foncer à travers les rues et de déraper dans les virages avec classe, sans craindre la sortie de route. Trop simple, diront certains, mais plutôt appréciable dans les phases de courses-poursuites. Vous pouvez aussi faire des embardées sur la droite ou la gauche pour pousser vos poursuivants, sauter d'un engin à l'autre ou tirer tout en conduisant, grâce à un système de ralenti qui simplifie grandement la tâche. L'expérience de conduite est aussi rendue plus agréable par l'affichage de flèches vertes à écran, qui indiquent à chaque croisement le chemin à prendre pour se rendre au lieu voulu. Pas besoin d'avoir l'œil rivé sur la mini-carte pour savoir où l'on doit aller, comme dans GTA IV.

Autre trouvaille ergonomique, la possibilité de sélectionner sa prochaine destination (qu'il s'agisse d'une mission principale ou d'une quête annexe) en cliquant sur le stick gauche, pour faire ainsi défiler tous les lieux disponibles : le chemin  est ensuite automatiquement indiqué. Ce genre de "petites attentions" témoigne de la qualité du travail du studio United Front Games, qui a bien repéré les lacunes des autres GTA-like, pour mieux les combler. Les fusillades, assez peu nombreuses finalement (les armes sont difficiles à trouver à Hong Kong, dixit le scénario), reprennent l'éternel système de couverture et ajoutent un petit effet Bullet time - à la Max Payne 3 - lorsque vous sautez au-dessus d'éléments du décor. Cela marche bien, presque trop même, au point que ces phases de jeu sont un peu anecdotiques, vite réglées. On ne retrouve pas l’envergure ni l’intensité de missions comme le braquage de la banque dans GTA IV…


ET SINON, LES QUÊTES ANNEXES ?


Sleeping Dogs

En marge des missions du scénario, vous devrez aussi mener des enquêtes policières. L'occasion d'accomplir quelques tâches originales, comme la pose de micros ou le piratage de caméras de surveillance, qui donnent lieu à des mini-jeux sympathiques. Une façon de varier les plaisirs et les phases de gameplay, même si hélas chaque type de quêtes secondaires (deal de drogue, filature, etc.) se déroule toujours de la même façon. On apprécie aussi le système vestimentaire : ici les tenues ne servent pas uniquement à se la jouer dans les rues de Hong Kong, elles permettent d’obtenir des bonus (ex : 10 % de rabais sur le prix d’une voiture) si vous assortissez le haut, le bas et les chaussures.

Autre élément à prendre en compte, le système de réputation : pour accroitre votre aura auprès des autres, il faudra rendre des services aux habitants de la ville. Des quêtes annexes déguisées, mais qu'il faut impérativement accomplir pour pouvoir acheter les voitures et vêtements les plus chers du jeu. Dommage que là encore, les missions se ressemblent un peu toutes. Néanmoins tout cela permet de faire évoluer Wei Shen et de débloquer diverses aptitudes (ex : savoir ouvrir les portes de voitures sans faire sonner l’alarme). Bon, ce n’est pas encore un RPG, mais cela fait quand même plaisir de faire évoluer (un peu) son héros. Malgré tout, le contenu de  Sleeping Dogs est loin d'égaler celui de GTA IV, aussi n'espérez pas faire la chasse aux pigeons, jouer les taxis, piloter des hélicoptères, etc.


UNE RÉALISATION QUI SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID

Sleeping Dogs


Sleeping Dogs rattrape son contenu limité par une immersion convaincante dans les rues de Hong Kong. Certains quartiers (comme le marché de nuit) sont très fréquentés, et le studio United Front Games a bien retranscrit les contrastes saisissants de la ville : on passe de la fureur du centre-ville à la sérénité d'un temple ancestral, des gratte-ciel verre-acier-béton à une végétation luxuriante, et le mélange de chinois et d'anglais entendus dans les rues (ou pendant les conversations) achève de crédibiliser l'ensemble. Toutefois, certains endroits de la carte semblent avoir bénéficié de moins de soins, et on se retrouve parfois face à des textures datant de la PS2...

L'autre défaut principal de l'univers de Sleeping Dogs réside dans son manque d'âme. Hong Kong n'est qu'un terrain de jeu, là où Liberty City dans GTA IV reflétait aussi le mode de vie américain dans tous ses excès. Même regret concernant les personnages croisés, très "premier degré", sans réelle épaisseur. On est loin de la critique au vitriol de la société, que l'on perçoit en filigrane dans les productions Rockstar. Bref, comme beaucoup d'autres avant, Sleeping Dogs imite GTA, mais n'en saisit pas la substance. Il n'en reste pas moins l'une des meilleures "contrefaçons" existantes, avec un gameplay bien calibré et son caractère exotique. En attendant GTA V, pourquoi pas ?



19/08/2012
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