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Assassin's Creed : Revelations

 

 

 

Le temps est venu de baisser le rideau. Initiée il y a deux ans avec Assassin’s Creed II, la trilogie dédiée à Ezio Auditore touche à sa fin avec cet ultime épisode baptisé Assassin’s Creed : Revelations.

Qu’on la juge bouleversante ou, inversement, un tantinet ridicule, il faut bien avouer que la conclusion d’Assassin's Creed Brotherhoodnous avait enseveli sous un monceau de questions. Que va-t-il advenir de Desmond ? Allons-nous revoir Ezio ? Altaïr ? Où sont passés les autres fragments d’Eden ? Et d’où sort cette ancienne civilisation, bon sang de bois ? Clairement, depuis le premier volet, Ubisoft a su assaisonner son intrigue à la sauce Lost. Dans les deux cas, on retrouve en effet une série quelque peu dépassé par son succès, où le scénario semble s’écrire au jour le jour par une poignée d’auteurs hystériques à tendance transcendantale. Pourtant, dans les deux cas, on reste captivé devant tant d’idées et de personnages que l’on a appris à aimer. Pour deux d’entre eux, cet épisode Revelations augure d’ailleurs d’un clap de fin. Notamment pour Ezio Auditore, ce florentin découvert dans Assassin's creed ll et dont on aura suivi, à travers une trilogie, plus de trente années de vie. Barbe grise, traits fatigués (et travail de fond sur la modélisation faciale), Ezio accuse le poids de ses années. Et même si sa dextérité et sa souplesse ne se démentent pas, le héros italien est bien au crépuscule de son existence. Sans aller jusqu’à comparer cela avec l’émotion ressentie aux commandes du Old Snake de Metal Gear Solid 4, reconnaissons qu’incarner cet Ezio-là a quelque chose de touchant. Une page se tourne, définitivement.

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Constantinople, c’est pas Byzance !


Alors que, de son côté, Desmond tente de reprendre ses esprits en devisant avec le Sujet 16 sur une île (tiens donc !) codée par l’Animus, Ezio tente de saisir le sens profond de son existence. Pour cela, il doit marcher sur les traces d’Altaïr en pénétrant dans la bibliothèque secrète de la forteresse de Masyaf. Cinq clés lui ouvriront la porte. Par chance, elles ont toutes été dispersées dans la ville de Constantinople par Maffeo et Nicolo Polo. Le cadre est posé : ce quatrième volet de la série Assassin’s Creed se déroule dans la cité ottomane. A l’exception de quelques digressions et d’un chapitre délocalisé, c’est l’ensemble du jeu qui se concentre donc dans l’ancienne Byzance. Fatalement, on peut vite arguer que cet épisode affiche un terrain de jeu un peu plus rabougri que par le passé. Plus petite que celle de Rome, elle-même bien moins gigantesque que toutes les zones du deuxième volet mises bout à bout, la carte de Constantinople peut être traversée en moins de cinq minutes. Cela dit, et même si le moteur graphique n’évolue plus depuis un bail, le rendu de la cité amenée à devenir Istanbul s’avère très convaincant. Comme d’habitude, le travail de reconstitution opéré par Ubisoft force le respect. Il y a l’Eglise Sainte-Sophie, le palais de Topkapi, la Tour de Galata, les Janissaires et leur quartier général… En l’espace de quelques minutes à peine, Assassin's Creed Revelations nous transporte dans le Bosphore et nous offre un sentiment d’immersion très puissant.

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Ça bosse fort !

Et puis, quand bien même le terrain de jeu paraît moins consistant que par le passé, les activités possibles n’ont elles pas vu leur nombre décroître. Comme c’était déjà le cas à Rome, Constantinople est à la fois en ruines et placé sous la coupe des Templiers. Il faut donc leur reprendre la cité de force, quartier après quartier. Notamment en rénovant les échoppes (forges, banques, librairies, etc) ainsi que les monuments historiques. En parallèle, Ezio mène toujours sa ribambelle d’assassins à la baguette. En dehors de leur aide dans les combats, toutes les recrues peuvent être envoyées en mission dans d’autres villes méditerranéennes dans le cadre d’un mini-jeu de gestion un poil plus profond que celui de Brotherhood. Evidemment, Assassin's Creed Revelations  propose aussi sa dose traditionnelle d’exploration et de recherche de reliques ancestrales. Outre les clés de la bibliothèque de Masyaf, des fragments d’Eden et des parchemins indiquant l’emplacement d’une armure légendaire sont aussi disséminées à travers la cité. Rien qu’avec ces différents passe-temps, il y a vraiment de quoi s’occuper entre deux missions de la trame principale.

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Aussi copieux qu’un kebab

Mais cet épisode est aussi l’occasion pour Ubisoft d’explorer des horizons inédits et de s’inspirer d’autres genres. Nouveauté majeure de ce volet, la défense de repaire d’assassins se présente sous la forme d’un tower-defense où Ezio joue son rôle de général posté sur un toit. Alors que les Templiers progressent dans la rue en contrebas, il lui faut ériger des barricades, poster des assassins aux emplacements stratégiques sans oublier de dispoer des tourelles et des feux grégeois. Sur le papier, l’idée est vraiment séduisante. Mais un peu à l’image de l’aspect gestion des assassins, ce secteur du jeu est un peu trop rudimentaire. Il manque de la profondeur, de la variété pour que les défenses de repaires nous passionnent. Par ailleurs, on note aussi que cet épisode n’hésite pas à aller lorgner du côté du grand spectacle avec des séquences scriptées à la mise en scène ultra-nerveuse. Sans atteindre la scoumoune légendaire d’un Nathan Drake, Ezio a en effet le don pour se retrouver dans des situations fâcheuses. Une promenade à cheval et notre italien se retrouve traîné sur le sol pendant des kilomètres. Un bateau à prendre ? C’est tout le port qui s’embrase ! Et on ne parle même pas des phases de varappe dans des lieux délabrés où le moindre rebord s’effondre… Toujours est-il que ces séquences très dynamiques sont intéressantes et tranchent radicalement avec la certaine onctuosité du reste du jeu.

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Abstergo X Aperture

On retrouve aussi des sources d’inspirations extérieures lors les séquences dans la peau de Desmond Miles. Oui, car Ezio n’est pas le seul personnage que l’on incarne dans cet épisode. Desmond, mais aussi, Altaïr sont accessibles. Concernant ce dernier, on peut ressentir une légère déception dans la mesure où les passages mettant en scène l’assassin arabe sont à la fois très rares et très courtes. Mais, de la même manière qu’au sujet d’Ezio, Ubisoft est parvenu à rendre ces ultimes retrouvailles particulièrement émouvantes. Ce qui nous rend du coup assez magnanime vis à vis des phases de jeu en tant que telles. Le constat est sensiblement le même du côté de Desmond que l’on incarne le temps de séquences vraiment hallucinantes. A la première personne, il s’agit de rassembler les souvenirs de jeunesse du héros en traversant des niveaux où Tetris, Portal et Minecraft sont autant de références évidentes. Là encore, l’idée part d’une excellente intention mais l’ensemble reste trop superficiel et monocorde pour nous emballer totalement. Reste que ces phases permettent d’en apprendre un peu plus sur Desmond, ce qui, dans un épisode baptisé Revelations, est plutôt une bonne chose...

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Un crochet pour les escalader tous

Mais revenons à Ezio. Même si Leonardo Da Vinci n’est plus là pour l’aider, l’assassin italien peut compter sur de nouveaux gadgets intéressants. Des bombes, notamment, que l’on peut acheter ou confectionner soi-même en associant différents ingrédients glanés ici et là. Si les grenades destructrices ne servent pas vraiment, si ce n’est lors des grosses bastons générales, ce sont surtout les bombes leurres qui se révèlent très utiles, pour détourner l’attention de gardes ou bien pour provoquer une émeute salvatrice. D’autre part, tous les Assassins, à commencer par Ezio, possèdent désormais un crochet à leurs poignets. Mine de rien, cette invention fluidifie énormément le jeu. Pendant un combat, on accède à de nouveaux mouvements sympathiques qui nous font sortir du train-train sempiternel de la parade-contre-attaque. Bon, avouons que les affrontements ne sont pas encore aussi dantesques que ceux des Batman de Rocksteady, mais il y a clairement du mieux. En vérité, c’est surtout du côté de l’escalade que le crochet se montre le plus utile. Même la plus imposante des tours peut être gravie en une poignée de secondes grâce à lui, ce qui confère immédiatement un coup de fouet au gameplay tout en saupoudrant les acrobaties d’Ezio d’un soupçon de classe supplémentaire.

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Drapeau rouge

Avant de conclure, évoquons la dimension multijoueur du jeu, confectionnée dans les locaux d’Ubisoft Annecy. Introduites l’an dernier avec Brotherhood, ces empoignades en ligne reposent sur le même système à quelques exceptions près. S’il est encore un peu tôt pour vanter les mérites du nouveau matchmaking, on peut d’ores et déjà affirmer que les efforts entrepris pour défavoriser les joueurs bourrins sont des plus appréciables. Entre les humiliations et la notion de « mort honorable », la palme revient désormais plus naturellement aux assassins consciencieux et discrets, plutôt qu’aux collectionneurs de kills sauvages et bébêtes. A côté de ça, le multi s’est paré de nouvelles cartes, de nouveaux skins de personnages ainsi que de modes de jeu inédits, comme du deathmatch (un mode bourrin, pour le coup, qui sert plus à s’échauffer qu’à autre chose) ainsi qu’un simili « capture the flag » extrêmement intense. Bref, ceux qui ont aimé les orgies de lames secrètes de Brotherhood ne devraient pas être déçus par celui de Revelations.

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A rivederci

Au final, Assassin’s Creed : Revelations est donc encore un morceau de choix. Cet épisode a conserver les richesses ainsi que le côté touche-à-tout propre à la série. Par rapport à Brotherhood, ce nouveau volet a, certes, perdu en kilomètres carrés de carte mais il est parvenu à compenser à la faveur d’une narration mieux maîtrisée et d’une émotion savament distillée. De sa sublime introduction en images de synthèse jusqu’à sa conclusion très intrigante, le titre réussit à nous maintenir en haleine d’un bout à l’autre, plongé que nous sommes dans le sillage d’un protagoniste aussi attachant que charismatique. On ne peut donc que souhaiter à la saga d’Ubisoft de parvenir à se renouveler d’ici à l’année prochaine pour nous ravir une fois encore. D’ailleurs, sachez que la fin du Revelations livre plusieurs informations cruciales sur la trame de fond de la saga. Saga dont la conclusion pourrait intervenir dès le prochain épisode... Rendez-vous en novembre 2012 !

 

note: 17/20



23/02/2012
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