geekulture

BATTLEFIELD 3

 

 

Destruction à outrance et batailles homériques, la guerre totale s’invite dans votre salon. Enfilez votre uniforme et signez en bas de page soldat, Battlefield 3 est arrivé.

Après nous avoir amusé avec leur spin-off Bad Company, on attendait que les suédois de DICE remettent sérieusement le couvert en matière de guerre moderne à grande échelle. Un genre laissé vacant par le studio depuis Battlefield 2, il y a six ans déjà. Normal donc que beaucoup de vétérans de la licence aient vu en ce troisième volet une digne relève de la garde. Et s’il s’ouvre désormais aux consoles,battlefield 3conserve sinon les mécaniques de jeu, du moins l’ambiance incroyable de son glorieux prédécesseur.


War has changed. Or not.


Car pour le reste, tout change. A commencer par l’introduction d’une véritable campagne solo dans la série. On y incarne Blackburn, marine au visage vaguement sarkozien qui va se retrouver empêtré dans une histoire de trahison et de vol d’ogives nucléaires. De Téhéran à Paris en passant par New-York, l’histoire de battlefield 3 se veut un patchwork de tout ce qui a déjà été vu, tué et parcouru ailleurs. La narration en flashbacks de black ops, la poursuite d’une arme ultime de bad company 2, l’ennemi intérieur de modern warfare 2. Et au milieu de tout ça, vous, moi, le joueur. Propulsé au cœur de ce foutoir. Perdu entre deux fondus au noir qui peinent à lier les différentes phases de jeu entre elles. Car si DICE sait admirablement montrer la guerre, le studio peine toujours autant à conter des histoires et surtout, à véhiculer l’émotion. C’est d’ailleurs le principal reproche à formuler envers cette campagne solo. De niveau en niveau, les héros meurent, les villes explosent, sans susciter la moindre réaction d’empathie chez le joueur. A contrario d’un black ops par exemple, axé sur le personnage de Mason et ses réactions, tout est ici technique, froid et clinique. Pour DICE, le protagoniste de battlefield 3 est et reste la guerre. Ce qui trouve sa parfaite résonnance en multi, mais reste un peu léger dès lors qu’on cherche à justifier l’existence d’une campagne solo.

test-battlefield3-pc-61336


A deux, tout seul chez soi


Cependant, malgré sa narration sans saveur, n’allez pas croire que tout est à jeter dans ce mode histoire. Malgré leur contenu hétéroclite, certains niveaux sont même plutôt intéressants à jouer, une fois fait le deuil de sa liberté. En suivant –encore et toujours- son leader, on se prend tour à tour à sniper depuis des toits en vision infrarouge, à sauver des camarades d’une embuscade ou à manœuvrer un tank en plein désert. Et s’il échoue à bien raconter la guerre, le studio suédois compense par quelques scripts bien ficelés et une mise en scène impeccable. Pour faire simple, vous ne saurez jamais ce que vous fichez dans ce F-18, mais une fois en l’air, ça envoie !

Parallèlement à cette campagne, battlefield 3 introduit un mode coopération à deux joueurs, malheureusement uniquement disponible en ligne. Plus longues que leurs équivalents du Spec Ops de Call of Duty, les cartes qui composent le coop s’orientent autour de missions d’escorte ou d’exfiltration, plutôt bien conçues et destinées aux joueurs chevronnés. En effet, les ennemis ont tendance à faire plus mal que dans le solo et la topographie des lieux est bien souvent propice aux tirs en coin et aux balles perdues. De fait, l’agencement intelligent de ces missions et leur dynamisme contrastent avec la mollesse d'une partie des niveaux du mode Campagne, et font d’autant plus regretter l’absence d’une vraie histoire jouable à plusieurs.

test-battlefield3-pc-61348


Menu XL


Passé ces mises en bouche, c’est bien évidemment vers le jeu à plusieurs que tous les regards vont rapidement se tourner. Et si on boucle le solo et le coop en moins d’une dizaine d’heures, comptez-en une bonne centaine pour faire le tour du multi. Le jeu s’articule autour de neuf cartes plus ou moins étendues, jouables à travers cinq variantes de règles classiques, telles que Rush, Team Deathmatch ou encore Conquête. De ces possibilités, la map Caspian Border, aperçue sur la bêta, est indubitablement la plus jouissive à pratiquer en mode Conquête, de par sa taille immense et une impression de guerre totale que l’on n’avait plus ressentie depuis Battlefield 2. Sur la version PC, le studio a aussi eu la bonne idée d’inclure une option « Large », qui augmente la taille des cartes pour des parties autorisant jusqu’à soixante-quatre joueurs, soit quarante de plus que sur PS3 et Xbox 360. Mais battlefield 3, c’est aussi des classes intelligemment remaniées. Avec un Assaut désormais doté de la compétence Medic, un Soutien capable de saper les troupes adverses grâce à ses tirs de suppression, un Sniper équilibré et un Ingénieur enfin doté d’une vraie puissance de feu. On passe volontairement sur les détails car plutôt que d’énumérer les spécificités de chaque classe pendant des heures (au sens littéral du terme), mieux vaut expliquer pourquoi le titre de DICE est un des FPS multi les plus intéressants du moment.

test-battlefield3-pc-61362


Battlefield : The Experience


Tout est lié au système d’expérience. Les vieux briscards de la licence ne seront pas dépaysés, il n’a pas bougé d’un iota en cinq ans. Pour les autres, il faut comprendre que dans BF3, chaque action rapporte des points. Tuer un ennemi, sauver un allié, capturer un point de contrôle, mais aussi suivre les ordres de son chef d’escouade, réparer un véhicule, en piéger un autre, etc. Pour accumuler un maximum de points, il est donc essentiel de jouer en équipe, pour l’équipe et non d’écumer la map couteau en main, prêt à enchainer les kills. Ces points sont d’autant plus essentiels qu’ils permettent de monter de niveau, et de débloquer petit à petit les dizaines de pièces d’équipement et de compétences correspondant à son style de jeu, à sa classe et à ses véhicules favoris. En jouant intelligemment, on peut débloquer rapidement des optiques de visée, des chargeurs de plus grande capacité ou des camouflages plus efficaces, pour ne citer que trois exemples au hasard. Au fil des parties, on prend petit à petit un plaisir dingue à devenir un pilote de chasse chevronné, une mort blanche au Dragunov vengeur ou, plus modestement, un efficace pourvoyeur de munitions.

test-battlefield3-pc-61356


Over 9000

S’ils n’avaient faits qu’une timide apparition dans Bad Company 2, les véhicules font leur retour gagnant dans battlefield 3. Jeeps, tanks, hélicos, mais aussi transporteur de troupes ou jets, tous ont leur utilité et obéissent à la règle du pierre, feuille, ciseaux. Le tank sera efficace contre les blindés légers et les 4x4 mais subira les foudres des hélicos de combat. Le jet, lui, ne fera qu’une bouchée de ces derniers mais sera la cible favorite de la DCA, qui sera elle-même frappée par les bombardiers A-10. Au final, l’équilibre des forces fait qu’on flippe autant aux commandes d’un M-1 Abrams que d’un F-18, la pression du pilotage en moins.

test-battlefield3-pc-61350


Sounds of Anarchy


Sorti de toutes ces descriptions, mal nécessaire, que ressent-on vraiment au beau milieu d’une partie de battlefield 3 ? Un curieux mélange de liberté et d’oppression. De liberté, car l’immensité de certaines cartes appelle à la contemplation, surtout aux commandes d’un MIG ou d’un Cobra. D’oppression, car on le disait en début d’article, le protagoniste, c’est la guerre. Une guerre de chaque instant et non un simulacre de paint ball comme dans d’autres – tout aussi bons- FPS. Dans battlefield 3, on suit les ordres, on rampe pour sauver sa peau et chaque mouvement de tête lève le voile sur un dogfight en plein ciel ou un combat de chars dans la vallée. Et plus que par les graphismes ou la physique, cette notion d’affrontement est due à l’ambiance sonore, juste incroyable. Les détonations se réverbèrent sur les murs parisiens, créant un écho ultra réaliste. Même chose pour le bruit assourdissant d’un F-18 en rase-motte ou les cris des soldats à l’assaut d’une colline. Qu’il s’agisse d’une guérilla urbaine ou d’une joute en plein champ, battlefield 3 restitue au plus juste l’atmosphère du champ de bataille. Un mot sur le Battlelog pour finir, la nouvelle interface de jeu dérivée du fameux Autolog de Criterion. Pratique et intuitif, le Battlelog permet de visualiser son profil, de gérer ses amis et de lancer des parties suivant divers critères.

 

note: 19/20
test-battlefield3-pc-61363

 

verdict: tres bon fps


22/02/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres