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God of War III

Le fantôme de Sparte met un point final à sa vengeance dans un jeu tout bonnement monstrueux !

 

 

God-of-War-III-67435Il y a quelques années, quand la PS3 n’était encore qu’un fantasme, quelques jeux faisaient déjà saliver. Il y avait Metal Gear Solid 4, Gran Turismo 5, Final Fantasy XIII. Et il y avait God of War III. La conclusion de la trilogie de Kratos était la perspective du jeu indispensable, le titre ultime capable de justifier à lui seul l’achat de l’onéreuse console. Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. GT5 demeure aux abonnés absents, FFXIII est devenu multi-plateforme tandis qu’un certain Uncharted 2 a totalement éclipsé Kratos lors de l’E3 2009. Plus troublant encore, la démo du jeu proposé sur le PSN est loin de mettre en valeur le Fantôme de Sparte, avec des phases de jeu déjà vues et l’impression désagréable de n’avoir à faire qu’à un simple God of War en HD. A tel point que l’on a fini, l’auteur de ces lignes le premier, par se demander si on n’avait pas placé trop d’espoirs dans ce troisième épisode. Et là, la version test est arrivée à la rédaction et a balayé tous nos doutes sur son passage.La claque a été tonitruante, surpuissante, invraisemblable. Kratos nous a littéralement renversé. Certaines séquences d’anthologie nous ont laissé les yeux exorbités, la bouche béante et le souffle coupé. On peut aujourd’hui l’affirmer haut et fort : God of War III est un jeu exceptionnel ! D’une telle démesure dans l’action, d’une telle violence dans les combats et d’une telle puissance dans la mise en scène qu’il marquera à jamais l’histoire du jeu vidéo.

This is… Kratos !

God-of-War-III-67436Tout commence avec l’arrivée de Kratos au mont Olympe. Sur le dos du Titan Gaïa, le Spartiate promet d’éradiquer les dieux jusqu’au dernier. Au sommet, Zeus, mais aussi Hadès, Hermès et Poséidon, n’ont plus le choix. Ils vont devoir combattre celui qui a autrefois fait office de Dieu de la Guerre. Si vous êtes un habitué de la série, vous savez pertinemment que chaque God of War débute par un combat épique. Il y avait eu l’Hydre dans le premier épisode, le Colosse de Rhodes dans le deuxième. Ici, ce sont les chevaux marins de Poséidon qu’il va falloir terrasser au terme d'un combat tout simplement hallucinant de violence et de dynamisme. Et ce n’est que le début… Plus tard dans le jeu, aveuglé par sa soif de vengeance, Kratos démolira quiconque se mettra en travers de sa route. Dieux, monstres mythologiques, simples humains ou alliés d’antan, personne ne pourra priver le charismatique spartiate de son combat final contre Zeus. Comme d’habitude, ce God of War-là ne nous déçoit pas du tout d’un point de vue scénaristique, exception faîte d’une dernière heure pas aussi éblouissante que ce que l’on pouvait imaginer. Le jeu nous offre malgré tout quelques rebondissements et surprises inattendues. De quoi nous tenir en haleine et nous passionner tout au long de l’aventure, autrement dit durant une dizaine d’heures.

Péplum survitaminé

Mais plus que la narration, c’est surtout la réalisation qui confère à God of War III sa dimension si exceptionnelle. Le studio Sony de Santa Monica est tout d’abord passé maître dans l’emploi des caméras fixes. Toujours bien placés, usant des zooms et des travellings avec une maestria cinématographique, les angles de vue offrent une vitalité et une vraie intensité à chaque séquence et chaque plan. Plus remarquable encore, ce troisième épisode regorge de trouvailles originales qui subliment encore plus la mise en scène. On citera en exemple la mise à mort de Poséidon, entrevue à travers les yeux du Dieu à l’agonie. C’est notre visage que Kratos écrase de ses poings. C’est notre sang que l’on voit gicler sur le visage du Spartiate déformé par la rage, ce dernier n’ayant jamais aussi bien assumé son statut d’anti-héros que dans cet épisode-ci.God-of-War-III-67422 Pour ne pas gâcher le plaisir, on ne révélera aucun autre moment fort du jeu mais sachez bien que God of War III est jonché de séquences aussi marquantes (et sanglantes), toutes réalisées avec cette même classe. Et bien entendu, il est impossible de ne pas évoquer la qualité graphique du jeu. Là aussi, la claque est magistrale. D’un côté, on est subjugué par la qualité et la minutie des détails, à l’image de la beauté des motifs qui ornent l’épaulière de Kratos. De l’autre, on est sidéré par le charme des environnements et des décors. Un paysage désolé en toile de fond, une mise en abîme lorsque Kratos descend un escalier ou tout simplement les reflets qui se dégagent d’un sol marbré, tout est sublime dans God of War III, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. En exploitant parfaitement l’étendue des capacités de la PS3, le studio de Santa Monica est parvenu à réaliser l’un des plus beaux jeux de tous les temps. Ni plus, ni moins.

 

Génocide mythologique

Côté gameplay, God of War III s’appuie sur les fondamentaux qu’il a lui-même popularisé. La plupart des éléments des précédents épisodes sont repris ici, accompagnés de quelques nouveautés. Kratos est désormais capable, par exemple, d’attraper God-of-War-III-67411un ennemi, de s’en servir comme d’un bouclier et de charger à travers les lignes ennemis comme un bélier enragé. Le résultat est dévastateur, surtout contre le menu fretin de l’Olympe que l’on peut envoyer valser dans tous les sens. Il peut aussi agripper et s’accrocher à des ennemis lointains. Cela lui permet aussi bien de sortir du sol un monstre souterrain ou d’attraper au vol des harpies. En fonction des objets obtenus, certaines facultés inédites sont désormais à sa disposition, comme la possibilité d’éclairer des zones d’obscurité à la recherche d’un passage secret ou d’un trésor caché, ou encore d’escalader les murs et de courir sur des parois tel le prince de Perse… en Grèce. Dernière nouveauté marquante, et non des moindres, Kratos peut enfin passer d’une arme à l’autre au milieu d’un combo, il suffit juste de maintenir L1 et d’appuyer sur croix. Mine de rien, cette innovation a le mérite de rendre les affrontements encore plus pêchus et surtout d’adapter à tout moment son arme à la situation. En plus de ses traditionnelles lames (rebaptisées lames de l’Exil ici) et de l’Epée de l’Olympe allouée aux séquences du mode furie, Kratos obtient au fil du jeu les griffes d’Hadès, le Ceste de Némée et les fouets de Némésis. Pas très originales à première vue, ces armes possèdent tout de même une particularité, celle d’être liées à un pouvoir spécial. Les Lames de l’Exil déclenchent l’Armée de Sparte (des boucliers qui protègent Kratos et qui repoussent les ennemis) tandis que les griffes d’Hadès peuvent faire appel aux âmes des monstres que l’on a déjà vaincu. Tout cet arsenal n’est pas de trop pour éradiquer un bestiaire mythologique toujours aussi riche. Sirènes, Minotaures, Chimères, Gorgones, Cyclopes, Cerbères, sans compter les boss plus impressionnants les uns que les autres, God of War III possède définitivement un casting de rêve.

Inoubliable

God-of-War-III-67410Pour conclure, sachez qu’une fois le jeu terminé, vous aurez accès à de nombreux bonus. Il y a tout d’abord des défis amusants, comme ne jamais laisser plus de 50 ennemis en vie (un bon exemple de la démesure hallucinante du jeu). Vous avez aussi la possibilité de refaire le jeu, soit en difficulté maximum, soit en faisant appel à certains objets bonus/malus trouvés dans la partie précédente. Par exemple, en ramassant un calice, vous pouvez recommencer le jeu avec une barre de vie qui se consume d’elle-même. Un challenge qui devrait intéresser les joueurs avides de missions impossibles. Que dire de plus ? Si ce n’est que God of War III a tenu toutes ses promesses. Magnifique, renversant, porté par une violence inouïe tout à la fois choquante et jubilatoire, ce troisième (et dernier ?) segment des aventures de Kratos nous entraîne dans un impensable crescendo de sensations fortes. Tout simplement inoubliable ! Qu’on se le dise, il y a aura un avant et un après God of War III.

 

 

  • En résumé

 

La soif inépuisable de vengeance de Kratos aboutit ici à l’un des plus grands spectacles vidéoludiques de l’Histoire. Totalement démesuré de par son ampleur, carrément jouissif grâce à son gameplay, à tomber à la renverse du point de vue de la réalisation, God of War III tutoie la perfection, peut-être comme aucun autre jeu ne l’avait fait auparavant. Exceptionnel !

 
  • Les plus
  • Une mise en scène merveilleuse
  • Extraordinaire techniquement
  • Kratos !
  • Les moins
  • Armes peu originales
 note : 19/20


03/04/2012
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