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Lollipop Chainsaw

 


Avec Lollipop Chainsaw, Grasshopper Manufacture offre une fois encore un titre à  l’univers décalé. Mais le n’importe quoi associé à  une héroïne sexy suffisent-ils à  en faire un bon jeu ? Ce n’est pas si simple que ça...

 

VERDICT :

 

Vu le pedigree de Grasshopper Manufacture, il était légitime d’en attendre beaucoup plus de Lollipop Chainsaw. Techniquement dépassé et très/trop souvent puéril dans son humour, le titre fait l’effet d’un quinquagénaire qui essaye de se faire des potes à  la sortie d’un lycée. Les références et l’univers coloré de Juliet Starling ne suffisent pas à  donner envie de chasser du zombie en sa compagnie. Dommage.

 

Les plus :
  • Habillage coloré
  • Bande son appropriée
  • Bons dialogues...
Les moins :
  • ... Mais traduction à  la ramasse
  • Gameplay usé
  • Durée de vie limite
NOTE : 12/20
Test de Lollipop Chainsaw

Pour concevoir un univers comme celui de Lollipop Chainsaw, rien de plus simple. Prenez un shaker, mettez-y Buffy Contre les Vampires, Clueless, des zombies, ainsi qu’une parodie quelconque de « teen movie ». Secouez un peu, servez, et il ne reste qu’à  déguster. Le joueur incarne ici Juliet Starling, pom pom girl du lycée de San Romero et accessoirement chasseuse de zombies. Un de ses anciens camarades de classe, gothique mal-aimé de son état, choisit le jour du 18ème anniversaire de la starlette pour tenter de relier la Terre au Monde Putréfié. Ce dernier laissant échapper un gaz toxique, une bonne partie de la population de San Romero se retrouve transformée en zombies bavards. Pour remettre de l’ordre dans tout ça, Juliet va devoir se rendre aux quatre coins de la ville et éliminer la menace tout en sauvant ceux qui peuvent encore l’être. Comme l'ont prouvé les créateurs de South Park, être drôle et vulgaire, c'est un métier. Et chez Grasshopper Manufacture, on est apparemment drôle en alternance. Bien entendu, l’univers décalé de  Lollipop Chainsaw ne doit absolument pas être pris au sérieux. Mais le problème, c’est qu’être décalé et vulgaire ne suffit pas pour être drôle. Difficile de trouver l’humour dans un zombie volant lambda qui arrive en exprimant son envie pressante de déféquer (en d’autres termes bien sûr). 

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POP ‘N ROLL



C’est d’autant plus dommage que l’humour et le scénario de  Lollipop Chainsaw ne soient pas plus fin, car l’univers du jeu n’est pas totalement dénué d’intérêt. L’opposition entre cette héroïne joyeuse et cette invasion de zombie est plutôt intéressante. De plus, le titre bénéficie d’une bande son à  laquelle un soin tout particulier semble avoir été accordé. En effet, des chansons licenciées qui collent au monde très kitsch et coloré de Juliet Starling (« Lollipop » de The Chordettes, « You Spin Me Round, » de Dead or Alive, « Mickey » de Toni Basil, etc...) se partagent la bande originale du jeu de manière satisfaisante avec des productions originales inspirées des styles musicaux des différents boss (punk, metal, funk, etc...). Et malgré ce qui a été dit précédemment, le titre de Suda51 dispose tout de même de quelques répliques amusantes. Celles-ci sont par ailleurs souvent liées aux interventions de Nick (la tête vivante du petit ami de Juliet que celle-ci garde accrochée à  la ceinture) ainsi qu’à  des références à  la culture populaire américaine/occidentale. Artistes et réseaux sociaux sont par exemple explicitement cités à  de nombreuses reprises. Malheureusement, le public anglophobe a de grandes chances de passer à  côté de la plupart d’entre-elles, la faute à  une traduction douteuse et édulcorée (ce qui est difficilement justifiable vue la classification du titre en Europe), qui se paye même à  certains moments le luxe de dire l’inverse de ce que les personnages sont en train d’exprimer... 

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MAJORETTE FATIGUÉE



Manette en main,  Lollipop Chainsaw n’éblouit pas non plus. Il est ici question d’un beat ‘em all dans lequel l’héroïne alterne entre mouvements de pom pom girl et coups de tronçonneuse pour affronter différents types de morts vivants et de boss. Premier souci, le titre de Grasshopper offre une prise en main très old school, dans le mauvais sens du terme. Un débris au sol qui ne dépasse pas le tibia de Juliet ? Impossible de sauter par-dessus. Envie d’interrompre un combo commencé dans le vent ? à‡a ne va pas être possible non plus... Outre ce problème de jouabilité,  Lollipop Chainsaw souffre également d’un manque frappant d’originalité. Les mécanismes de jeu sentent le réchauffé et laissent une sévère impression de déjà  joué. L’exception à  la règle concerne le boss punk, dont les insultes proférées sont représentées par des lettres géantes qui causent des dégâts à  Juliet. Original et amusant.

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INVOLONTAIREMENT RETRO



La réalisation est quant à  elle cohérente avec le reste du titre, c’est-à -dire loin d’être éblouissante. Les effets visuels très colorés liés aux attaques et l’habillage des menus mis à  part,  Lollipop Chainsaw est graphiquement loin de casser trois pattes à  une poule zombifiée. La modélisation des personnages comme celle des environnements est même totalement indigne d’un jeu de ce type, sortant qui plus est sur des machines maîtrisées depuis longtemps. Cette réalisation feignante est d’autant plus surprenante que le jeu est très linéaire et ne dispose pas de décors particulièrement sophistiqués. Et comme si cela ne suffisait pas, le titre de Suda51 souffre d’autres problèmes techniques. Le premier à  venir à  l’esprit concerne la caméra. Cette dernière, tel un esprit malin, a tendance à  n’en faire qu’à  sa tête et à  se bloquer dans divers éléments du décor. Ne plus rien voir alors qu’une bande de zombies quarterbacks mettent la pression à  Juliet, c’est plutôt fâcheux. Autre souci : les bugs. àŠtre obligé de relancer le jeu au dernier point de contrôle parce que le dernier ennemi d’une zone refuse catégoriquement d’apparaître donne comme une légère envie de donner des coups de tronçonneuse. Mais au disque du jeu cette fois... Quand on sait que la campagne dure à  peine sept heures, on se dit que les développeurs auraient vraiment pu faire un effort supplémentaire.



24/07/2012
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